Equipement de logger-GPS

 

  • Aymeric et Clément pour Elodie, la femelle 350 est sortie en bas de la colonie, appelais-je à la radio.

Je scrute l’écran de l’ordinateur qui renvoie toutes les détections enregistrées sur les passerelles d’Antavia. La colonie est située dans un canyon fermé naturellement par un relief rocailleux et pentu. En haut et en bas est installé un grillage qui guide les manchots Adélie vers des passerelles de sorties. Ces dernières sont reliées à tout un système électronique qui est conçu pour détecter les transpondeurs (rappel : puce électronique comme celles des chiens et chats) et reconnait individuellement chaque manchot.

transpondeurLes transpondeurs sont implantés au niveau de la cuisse des manchots lors de sessions de transpondage.

A chaque passage sur les passerelles, le numéro du manchot est renvoyé sur nos ordinateurs et nous savons donc à tout moment qui rentre ou quitte la colonie.

paserelle

sortie-manchotDeux manchots quittent la colonie par les passerelles

L’ordinateur émet une alarme caractéristique : un manchot que nous suivons est sorti.

  • Le mâle est rentré et le couple a switché, il faut équiper ! Précisais-je avant de me précipiter vers l’extérieur.

Je cours. J’entends le bruit métallique des passerelles sous mes pieds. L’air frais s’engouffre au creux de mon cou et de mes poignets. La colonie est située à une centaine de mètres de Biomar et il faut se dépêcher avant que le manchot ne s’éloigne vers la banquise. Mes deux collèges ont entendu l’appel via la radio et sont également en route.

Pour la thèse d’Aymeric, nous équipons certains manchots de logger, sorte de petites balises avec un GPS, un capteur de pression,  un thermomètre et un accéléromètre (mesure accélération lors de la plongée). L’idée est de suivre des jeunes reproducteurs et des reproducteurs plus vieux et expérimentés afin de savoir s’il existe des différences dans la stratégie de nourrissage (lieu de pêche, efficacité de la chasse, etc.)

Il faut maintenant repérer le manchot sorti de la colonie et une fois attrapé, nous prenons différentes mesures et échantillons (plumes, sang…) qui nous renseigneront sur son état général. Les prises de sang permettent par exemple de déterminer son sexe, d’étudier son régime alimentaire et de déceler des contaminants (ex : mercure).

mesureMesure du bec d’un manchot

Viens ensuite la pose du logger. Cette fois-ci, je maintiens le manchot sur mes genoux avec une capuche sur sa tête pour le tranquilliser pendant qu’Aymeric s’occupe de la fixation du logger sur son dos.

  • La colonne est là ! indiquais-je pour qu’il positionne le logger dans l’alignement des vertèbres.

Ciseaux, couper les bandes de tesa, soulever les plumes, passer les bandes dessous, poser le logger et ramener les bandes pour le maintenir… une succession d’actions bien précises sont à effectuer. Le logger ainsi collé sur les plumes peut rester fixé sans problème une dizaine de jours.

resultat

Résultat de la pose du logger: les bandes noires de tesa permettent la fixation sur les plumes.

Le manchot est ensuite relâché à l’endroit de sa capture. Je rentre soulagée que la pose se soit bien passée. Nous terminons la manip’ au laboratoire en traitait les échantillons récoltés sous quelques airs de guitare joués par Victor, statisticien du programme.

Le meilleur du mois #2

Bulletin météo               

Décembre fut un mois ensoleillé, assez doux et peu perturbé. Les températures ont varié de -8.2°C à + 4.6°C (canicule !). Notons néanmoins notre premier blizzard survenu mi-décembre, évènement climatique surprenant et chaotique.

blizzard.jpg

Manchots Adélie dans le blizzard.

manchot-glace-bec

manchon-glace

Les manchots en train de couver ne quittent pas leurs nids et sont rapidement recouvert d’une pellicule de glace qui se craquelle sous leurs mouvements.

Photos 

groupe

L’équipe « Biomar » durant la campagne d’été entre R1 et R2. Notre bâtiment accueille plusieurs programmes scientifiques principalement sur les oiseaux marins mais également sur les poissons chryopélagique (qui vivent sous la glace) et le zooplancton.

Une fois la campagne d’été achevée, nous ne serons plus que deux à exercer une activité à Biomar (avec Coline, en bas à gauche, à côté de moi)

Citations 

Suivre la pénologie des manchots, calibrer les pesons des passerelles d’Antavia, répertorier les différentes erreurs informatique, relever les données météo… Il y a tant à faire pour le programme que mes collègues ont jugé judicieux de coller des post-it un peu partout pour synthétiser l’essentiel des choses à ne pas oublier (!), avec comme crédo : « Corps et âme pour le 137 ».

post-it

Elodie, biologiste ECOPHY (P137), TA 67.

 

Entre R1 et R2

Tout semblait glisser sur la glace. Les veilles à 6h du matin, les captures de manchots, les apéros au comptoir du séjour, les passages le soir à la salle de musique, et puis….

– A R0, il y avait une très bonne ambiance. On avait fait le tour de l’hivernage à 24, ça nous a fait du bien. Maintenant c’est différent, tout le monde est dans sa passation, il y a trop de gens, c’est fini la 66.

– On est plus chez nous !

– Certains sont nostalgiques de partir, d’autres sont tristes parce que les copains partent, d’autres viennent juste d’arriver et se connaissent déjà car ils ont passé du temps ensemble sur le bateau.

Quelques pensées de la mission précédente, nostalgique, résigné, déjà presque « sortis ». Ceux avec qui j’évoluais jusqu’alors dans un environnement social rassurant et chaleureux. Nous voici maintenant dans le tumulte de R1, les techniques de la 66 s’en vont, la mission 67 est presque au complet, d’autres campagnards d’été viennent mener leurs activités. Nous n’avons pas aperçu l’Astrolabe, qui a été stoppé par la banquise à 110 km et a fini par se rapprocher à 40 km pour une journée avant de repartir à Hobart. Le ravitaillement a été effectué par les hélicos entre le bateau et la base, donnant lieu à des chaines humaines formées par l’équipe technique et par les bras disponibles pour décharger le matériel scientifique et les vivres.

enregistrement-vivreDéchargement des vivres

J’ai finalement reçu mes cantines, près de 3 mois après leur envoi depuis la France ! Je me souviens des journées de préparation… pour qu’elles soient finalement déballées en vitesse et rangé en vrac dans la chambre, comme des pochettes surprises géantes dont je compte bien profiter tout l’hiver.

departDernier salut de l’hélicoptère pour le départ des météorologues de la 66

Les fêtes ont été prises dans cette atmosphère changeante, mouvementée, en dent de scie. Malgré tout, j’ai l’impression qu’elles ont redonné le sourire à bon nombre d’entre nous. Les guirlandes et le sapin dans le séjour, le grand buffet réparti sur les tables, la musique qui nous entraîne sur la piste de dance ? Une dynamique positive et insouciante, où j’ai eu un peu plus l’occasion d’échanger avec les nouveaux arrivants de ma propre mission.

cadeauLa fabrication de cadeau « maison » et leur distribution par le Père-Noël est une tradition à DDU

chic-chocPhoto : Réveillon du nouvel an sur le thème « chic & choc ! »

chaussures

Changement de chaussures à l’entrée du séjour !

Je vois déjà R2, prévu pour dans 2 semaines, emmener mon prédécesseur vers la métropole, 15 mois passés dans le grand blanc, deux étés au contact des Adélies et un hiver auprès des empereurs sur lesquels il aura veillé jusqu’au départ des poussins en mer.

poussinsRegroupement de poussins d’empereur en début de mue. Malheureusement cette année la longueur de la banquise a contraint les adultes à effectuer de longs trajets pour le nourrissage et beaucoup de poussins n’auront pas une condition physique suffisante pour atteindre la mer.