Tour de base

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Vue sur le séjour
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Au pied de mon dortoir

La première chose qui m’a surpris en arrivant à DDU, c’est la proximité de la faune sur la base. On m’avait déjà confié que les animaux, épargnés de la prédation des hommes, n’ont pas développé une grande méfiance envers les bipèdes. Cependant, je ne m’attendais pas à voir des centaines de manchots et autres volatils à plumes à chaque coin de porte et jusque sous les passerelles extérieures qui relient entre eux les différents bâtiments. Ces derniers ont chacun une fonction spécifique : le séjour, le dortoir d’hiver, le bureau technique, la centrale ou encore biomar le repère des biologistes. Nous sommes actuellement 56 personnes sur la base. Les hivernants de la mission précédente nous dévoilent tous les secrets de DDU tandis que les campagnards d’été et les futurs hivernants (dont je fais partie) s’agitent à leurs tâches quotidiennes. Le menuisier et le chaudronnier préparent des caravanes qui partiront ravitailler Concordia (base antarctique franco-italienne à l’intérieur du continent), les électroniciens réparent des composés malmenés, les chimistes font des prélèvements atmosphériques, les ornithos sont tout le temps dehors à courir après les manchots (j’aurai l’occasion de vous en parler plus en détail)… Les conditions météorologiques en été sont assez proches d’un hiver européen. A l’heure où je rédige cet article, la température est de -9°C (-21°C en ressenti), le vent souffle en moyenne à 57 km/h avec des rafales à 77 km/h.

La base fonctionne à un rythme différent de la vie classique. Les communications avec l’extérieur sont assez limitées (pas internet sur les ordis perso, etc.) et la campagne d’été tourne à 100 à l’heure. Tu cours à droite à gauche, tu prends une douche en 5min avant le repas du soir, tu retournes rentrer les données du terrain à biomar puis tu sors te promener sur la banquise. Il est déjà 23h. Le soleil s’est couché à 22h10 et se lèvera à 02h34. La nuit n’est en réalité qu’un jour sombre. L’environnement est tellement unique – blanc à perte de vue, falaises de glace, milliers de manchots sur les iles –  qu’il me parait toujours « surnaturel ». Mon prédécesseur m’a confié ne pas s’être lassé du paysage en un an… toujours des lumières changeantes et la glace prends des visages différents au fil des saisons. Tout ceci fait que tu as amené avec toi ce que tu es, mais ta vie en métropole se met en pause. Quelque chose de différent peut se construire ici.

Alors je regarde les groupes de manchots d’Adélie accolés par paire au pied des bâtiments prêts à pondre leur premier œuf. Je regarde les pétrels des neiges défendre leur nid en râlant depuis les rochers. Je regarde le soleil s’abaisser sur le continent et le vent chasser la neige par devant. Je me dis enfin que j’ai de la chance d’être ici.

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Chaque coin de cailloux est un nid potentiel

chasse-neige-sur-le-continent

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Passerelle et pétrel de neige
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Transport de cailloux pour le nid
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Localisation des prises de vue
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